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Villa Cyrnos

Avant de devenir la Villa Arson telle qu’on la connaît aujourd’hui, avec son architecture labyrinthique signée Michel Marot, la Villa Arson était entre 1927 et 1964 la clinique Cyrnos, possédant un bâtiment attenant à l’historique villa. Un ensemble d’archives – certaines réelles, d’autres fabriquées par l’artiste –, photographies, plans, inventaires du mobilier et un instrument étrange redonnent vie à cette époque dont il ne subsiste que peu de traces. Tous ces éléments choisis fabriquent une fiction liée notamment à une architecture fantôme, dont on trouve des échos dans les nouvelles d’Edgar Allan Poe (1809-1849) et de Jean Ray (1887-1964).
Le titre lui-même de l’œuvre exprime cette dichotomie entre, d’un côté, la villa rouge du XVIIIe siècle, symbole d’un certain passé glorieux et, de l’autre, la clinique Cyrnos, période peu explorée d’un point de vue historique, dont le bâtiment principal fut détruit en 1964. Les documents retrouvés renseignent cependant : actes de vente comportant des descriptions, plans, listes de mobilier. Mais loin d’être une enquête pouvant révéler une « vérité historique », l’œuvre de Lidwine Prolonge tend à encercler un récit. Le point d’ancrage de cette œuvre est en effet une rumeur ou un récit transmis par voie orale – l’artiste utilise indifféremment l’une ou l’autre formulation –, entendue notamment au cours d’une visite avec l’architecte de la Villa, Michel Marot, lors de laquelle il a été dit que la clinique serait devenue vers la fin un lieu où l’on pouvait trouver des jeunes filles de Nice « dérangées et dérangeantes ».

L’installation de Lidwine Prolonge organise ces archives comme autant d’indices pour réactiver cette période trouble de la Villa Arson autour du récit L’Asile des normaux, écrit par Thomas Clerc pour l’édition Something Must Be Wrong.

(notice S. Cormault, N. Campo et L. Prolonge / Remerciements Thomas Clerc, Jean-Paul Potron, Yan Rovere, Patrick Aubouin, Patrice Lorho et Michel Maunier)


Villa Cyrnos, 2015, installation
vitrine 128 x 93 x 37 cm, documents, photographies couleur et noir et blanc, livres, machine électrostatique à influence, panneaux acoustiques, mobilier 60 de la Villa Arson
À écouter : L’Asile des normaux, texte inédit de Thomas Clerc

Presse


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La Salle des spectres (Bluesky)

BlueSky est un collectif d’artistes expérimentant les notions de polysémie, d’erreurs programmées, de communication défaillante, de génération spontanée, par le biais d’un ensemble de dispositifs (vidéos, performances, installations, expériences), qu’ils organisent seuls ou à plusieurs selon les circonstances.
Lors de l’exposition BlueSky, Algorythmes du week-end à Interface à Dijon, « la salle des spectres  » fut installée dans la cave de la galerie, pilotée par Anne-Lise Le Gac, Fanny Chassot et Lidwine Prolonge.


La Salle des spectres (Bluesky), 2009, performances, installations vidéo, films
Avec Anne-Lise Le Gac  ; Francisco Ruiz de Infante, Paul Souviron ; Fanny Chassot  ; Félix Ramon  ; Paul Guilbert  ; Lidwine Prolonge
BlueSky, Algorythmes du week-end, les 13 et 14 juin 2009, galerie/appartement Interface, Dijon
Simulateur de vol, le 26 juillet 2008, aérodrome de Rolampont
BlueSky, Libertés, le 13 juin 2008, galerie Lillebonne, Nancy


Appartement n°3 (Porte blanche, clef orange)

Dans l’Appartement n°3, la plupart des œuvres de l’exposition Appartement n°1 sont recontextualisées, trois nouvelles œuvres sont également présentées. La galerie, ancien appartement, est particulièrement adaptée à ce mode opératoire.
Dans la salle de bain on aperçoit à nouveau la robe rouge de Boucles noires.
Le Mute Juke-box, nouvelle pièce, prend place dans le salon.
Dans la cuisine on trouve les traces des projets collectifs menés en 2007 et 2008  : Bluesky et la pièce de théâtre SCUM Manifesto (co-réalisé avec Anne-Laure Lemaire).
Enfin, c’est dans la cave qu’a lieu la deuxième expérimentation de Soylent System, dans la nuit du 29 février, après la diffusion du film d’anticipation Soylent Green (Richard Fleisher, 1973).


Appartement n°3, porte blanche, clef orange, 2008, installations vidéo et performances
Composition et durée variables
Galerie/appartement Interface, Dijon (19 janvier-8 mars 2008)

Presse


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Appartement n°2 (Mrs. Dalloway/K.)

Un salon inspiré du roman Mrs. Dalloway de Virginia Woolf est reconstitué dans l’atelier mis à disposition lors d’une résidence. Au premier étage, dans la chambre habitée par l’artiste qui surplombe le salon par une baie vitrée, est constitué un poste d’observation, au moyen de divers systèmes de captation et d’archivage.
Des réceptions sont organisées. Les dîners sont filmés, notamment par une caméra au centre de la table, tournant sur un plateau en verre. L’artiste est une hôtesse qui reçoit les visiteurs qu’elle considère comme ses invités. Elle exige qu’ils choisissent entre la visite du salon ou de la chambre. Il leur est impossible d’accéder aux deux espaces (excepté s’ils reviennent un autre jour). Ceux qui choisissent d’accéder au salon acceptent également d’être filmés. L’artiste les y accompagne, et leur explique les ressorts du dispositif mis en place.
Ceux qui ne souhaitent pas être filmés et qui ont rejoint la chambre sont laissés seuls, ils ne peuvent échapper au fait de «  surveiller  »  : les écrans et les enregistrements audio saturent l’espace confiné.


Appartement n°2 (Mrs. Dalloway/K.), 2007-2008, installation vidéo, dispositif de tournage et performances
Composition et durée variables
Créée à l’atelier de l’École d’art de Dijon (17 décembre 2007-14 janvier 2008) dans le cadre de la résidence Grand Est Critique du raisin pur, sur une invitation du Frac Bourgogne (Eva Gonzales Sancho)
Crédits photographiques Gwenaël Fournier et Axel Papigny


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Appartement n°1 (Agence n-1)

L’Appartement n°1 inaugure la série d’expositions sur ce que signifie «  habiter  » et «  exposer  », avec comme mot-clef la notion de «  résidence  ».
Lors d’une résidence à la cité scolaire Gaston Bachelard, l’appartement mis à disposition pour habiter est finalement choisi pour exposer, tandis que dans le lieu d’exposition prévu sont tracés au sol les plans de l’appartement (cf. L’Antichambre).
Chaque pièces de l’appartement de l’ancien surveillant général, inoccupé depuis une trentaine d’années et rénové en partie, accueille une œuvre, reconfigurée dans un dispositif in situ.
La performance Soylent Strawberry est montrée dans la cuisine, accompagnée de dizaines de tartelettes aux fraises.
Boucles Noires est diffusé dans un placard.
Le Bureau d’Anna est installé dans les pièces vides, non rénovées, avec leur décor des années 70.
Dans la salle de bain résonne ce qui deviendra Black Glovebox.
Dans la chambre et le couloir, l’installation Soylent System est expérimentée pour la première fois par les visiteurs (des adolescents de la cité la plupart du temps).


Appartement n°1 (Agence n-1), 2007, installations vidéo et performances, composition et durée variables
Créée lors de la résidence (Agence n-1) à la cité scolaire Gaston Bachelard, Bar sur Aube (19 mars-11 avril 2007)
Crédits photographiques Arnaud Tanguy


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->L’appartement de l’ancien surveillant général avait été mis à disposition en raison de l’indisponibilité des studios cette année-là. Il était situé dans l’internat des garçons. Or pour être en résidence, j’avais dû quitter temporairement mon travail de surveillante d’internat de jeunes garçons, à Paris. Je quittai un internat pour un autre, une surveillance réelle, actuelle pour une surveillance fantôme.
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L’Antichambre

L’Antichambre fait partie de la série d’expositions sur ce que signifie «  habiter  » et «  exposer  », avec comme mot-clef la notion de «  résidence  ».
Les visiteurs souhaitant voir l’exposition Appartement n°1  arrivent d’abord dans ce grand espace vide, qui aurait dû accueillir l’exposition en question. Au sol, de larges bandes noires dessinent un plan : celui de l’appartement que l’artiste habite et dans lequel l’exposition a lieu. Les visiteurs sont invités à quitter l’antichambre et à monter au deuxième étage.


L’Antichambre, 2007, installation
Créée lors de l’exposition Appartement n°1, cité scolaire Gaston Bachelard, Bar sur Aube (19 mars-11 avril 2007)
Crédits photographiques Gwenaël Fournier